Assurance-vie : après une année record, les rendements peuvent-ils tenir en 2026 ?

Avec 50,6 milliards d'euros de collecte nette et un encours historique de 2 107 milliards d'euros, l'assurance-vie a signé en 2025 sa meilleure année depuis quinze ans. L'ACPR, dans son rapport annuel, qualifie cette dynamique d'« exceptionnellement dynamique ». Reste à savoir si cette embellie est durable.
 

Un alignement de planètes favorable aux fonds en euros
Le retour en grâce de l'assurance-vie en 2025 ne doit rien au hasard. La baisse du taux du Livret A, tombé à 2,4 % en février 2025 contre 3 % l'année précédente, a mécaniquement redirigé l'épargne de précaution vers des supports mieux rémunérés. Dans le même temps, la remontée des taux obligataires observée depuis 2022 a permis aux assureurs de reconstituer leurs portefeuilles à des rendements nettement supérieurs à ceux de la décennie précédente. Résultat : les fonds en euros ont affiché des taux de revalorisation attractifs, souvent compris entre 2,5 % et 4,5 % selon les contrats, un niveau qui n'avait plus été observé depuis 2012.
 

Le rapport de l'ACPR souligne un mécanisme souvent méconnu des épargnants : la provision pour participation aux bénéfices (PPB). Cette réserve, constituée par les assureurs pendant les années de rendements élevés, leur permet de lisser les performances servies aux assurés d'une année sur l'autre. C'est précisément grâce à ces réserves, abondées massivement entre 2022 et 2024, que les compagnies ont pu maintenir des taux compétitifs en 2025. Environ 42 % des foyers français détiennent désormais au moins un contrat, et l'encours total dépasse 30 % de l'épargne financière des ménages. Les unités de compte ont capté 42,5 milliards d'euros de collecte, contre 8,1 milliards pour les fonds en euros, confirmant un mouvement de diversification progressive des portefeuilles.
 

Un virage à anticiper pour les épargnants prudents
La question qui se pose désormais est celle de la soutenabilité de cette dynamique. Les réserves de PPB, aussi confortables soient-elles, ne sont pas inépuisables. Si les taux de marché venaient à refluer durablement sous l'effet d'un assouplissement monétaire de la BCE, les assureurs disposeraient de moins de marge pour maintenir des rendements attractifs. L'ACPR elle-même reste prudente dans son analyse : le régulateur rappelle que la solidité du secteur repose en grande partie sur la diversification des placements, avec environ 63 % des encours investis en titres d'entreprises et 24 % en obligations souveraines.
 

Pour l'épargnant, plusieurs réflexes s'imposent. Comparer les taux servis ne suffit pas : il faut examiner le niveau de PPB de son assureur, indicateur avancé de sa capacité à maintenir la rémunération dans la durée. Il convient aussi de s'interroger sur la part d'unités de compte dans son contrat, sachant que ces supports exposent à un risque de perte en capital mais offrent un potentiel de performance supérieur sur le long terme. Le Plan d'épargne retraite (PER) assurantiel, qui a franchi le cap des 97,4 milliards d'euros d'encours avec 7,2 millions de souscripteurs, constitue par ailleurs un complément intéressant pour les épargnants qui cherchent à préparer leur retraite avec un avantage fiscal à l'entrée.
 


Lire les commentaires (0)

Articles similaires

Derniers articles

Forêt : un actif tangible qui séduit de plus en plus les patrimoines

Forêt : un actif tangible qui séduit de plus en plus les patrimoines

16 Juin 2026

Avec un marché record en 2025 et des prix qui montent pour la cinquième année consécutive, la forêt française s'affirme comme un placement de long terme. GF...

Futurs retraités : l'envie de partir tôt se heurte au mur du pouvoir d'achat

Futurs retraités : l'envie de partir tôt se heurte au mur du pouvoir d'achat

16 Juin 2026

Impatients mais inquiets, les actifs de 45 à 64 ans se disent prêts à partir plus tôt, quitte à gagner moins. La deuxième vague du baromètre MIF x Odoxa rév...

Private equity : la fin du vent arrière, le retour de l'exigence

Private equity : la fin du vent arrière, le retour de l'exigence

16 Juin 2026

Levées plus lentes, sorties qui s'étirent : le non-coté inquiéterait. Le rapport 2026 de Bain & Company décrit pourtant moins une crise qu'un changement...

Catégories